Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Arkadiusz Nazarko, 2023
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Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Krzysztof Stanowski, 2022
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Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Arkadiusz Nazarko, 2023
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La villa Son Vent à Establiments : le lieu de séjour de Frédéric Chopin à Majorque, Domaine public
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La cellule du monastère des Chartreux de Valdemossa, à Majorque, où vécut Frédéric Chopin, photo Sylwia Mika, 2026
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La cellule du monastère des Chartreux de Valdemossa, à Majorque, où vécut Frédéric Chopin, photo Sylwia Mika, 2026
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Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque

Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque

Frédéric Chopin a passé l'hiver 1838-1839 à Majorque, une île de l'archipel des Baléares, en compagnie de sa compagne, l'écrivaine française George Sand (Amandine Aurore Lucile Dupin), et de ses deux enfants. Et bien que ce séjour se soit avéré moins romantique et idyllique qu'il ne l'annonçait, il a constitué un épisode important dans la vie de Chopin.

La décision de partir pour Majorque fut prise au début de l'automne ou à la fin de l'été 1838. Cette décision était principalement motivée par la détérioration de l'état de santé de Chopin , atteint de tuberculose, ainsi que par la nécessité d’échapper aux conditions climatiques défavorables de Paris en raison des problèmes rhumatismaux de Maurice, le fils de George Sand . George Sand, en femme émancipée et pleine d’inventivité, décida d’emmener Frédéric et ses enfants dans un voyage destiné à améliorer leur santé et à leur apporter une inspiration créative. Cependant, comme l’a noté l’écrivain français Astolphe de Custine (1790-1857) :

« Il n’en reviendra jamais. Il n’a pas eu le courage de me dire qu’il partait ; il a seulement dit qu’il avait besoin d’un climat doux et de repos ! De repos ! – en compagnie d’un vampire ! »

Les attentes initiales étaient grandes. Chopin écrivait avec enthousiasme à son ami Julien Fontana, décrivant Majorque comme un paradis sur terre : « Un ciel turquoise, une mer azur, des montagnes émeraude, un air comme au paradis ». Mais la réalité s’est avérée bien loin de l’idéal.

Arrivée à Palma et à Valldemossa

Chopin et Sand partirent séparément de Paris, mais se retrouvèrent dans le sud de la France, où le poète devait arriver « frais comme une rose et rose comme une betterave, en bonne santé, après quatre nuits passées héroïquement dans une calèche postale » , comme l’a noté George Sand. Puis, déjà ensemble, ils se rendirent à Barcelone, d’où, accompagnés des enfants de Sand — Maurice et Solange — ainsi que de la femme de chambre Amélie, ils s’embarquèrent pour Majorque à bord du bateau à vapeur « El Mallorquin ». Ils arrivèrent sur l’île le 8 novembre 1838, munis de lettres de recommandation du consul espagnol.

À leur arrivée, ils constatèrent qu’ il n’y avait aucun hôtel sur l’île. Au début, ils s’installèrent dans le domaine de Son Vent, à Palma de Majorque, où ils louèrent deux petites chambres non meublées. Au bout de quelques jours, ils réussirent à déménager à la villa Son Ven, à Establiments . Après un premier émerveillement devant l’île, le temps se gâta, et les pièces non chauffées aggravèrent considérablement l’état de santé de Chopin . C’est à ce moment-là que Chopin eut sa première crise de tuberculose , comme il le racontait dans l’une de ses lettres :

Les trois médecins les plus célèbres de toute l’île : l’un reniflait ce que je crachais, le second tapotait l’endroit d’où je crachais, le troisième palpait et écoutait comment je crachais. L’un a dit que j’étais mort, le deuxième que j’étais en train de mourir, le troisième que j’allais mourir […] mais grâce à la Providence, je suis aujourd’hui comme avant.

Les médecins ont signalé la présence d’une maladie contagieuse aux autorités locales, qui ont recommandé leur départ et leur mise en quarantaine .

En décembre 1838, ils trouvèrent refuge à Valldemossa , une petite ville située dans les montagnes de la Serra de Tramuntana, où ils s’installèrent dans l’ancien monastère des Chartreux, la Real Cartuja de Jesús de Nazaret . Comme le racontait l’écrivaine, un miracle s’est produit et le hasard a voulu qu’à cette époque, un réfugié espagnol qui s’y cachait avec sa femme ait dû quitter l’île, leur offrant ainsi sa « cellule modeste, mais confortablement meublée ».

C’est ainsi qu’à la mi-décembre, par une matinée ensoleillée, ils se rendirent à Valldemossa et s’installèrent dans leur cellule , qui, en raison de l’humidité persistante, n’était guère propice à la convalescence. Le compositeur compara la cellule du monastère à un « grand cercueil » et l’endroit tout entier à un refuge abandonné et lugubre.

Ce séjour au monastère devait créer l’atmosphère d’isolement et de calme dont Chopin avait besoin pour travailler sur sa musique. C’est précisément à Valldemossa que Chopin composa certaines de ses œuvres les plus célèbres , dont le cycle des 24 préludes . Malgré ces réalisations, leur séjour à Majorque fut marqué par des difficultés et des déceptions.

Retour en France

Le 13 février 1839 , Chopin et George Sand décidèrent de quitter Majorque, où ils avaient passé au total 59 jours. La maladie de Chopin ne s’atténuait pas, bien au contraire, elle s’aggravait. Ils sont rentrés en France en passant par Marseille, où le musicien a suivi un traitement. Dans une lettre adressée à Charlotte Marliani, Sand écrivait : « Encore un mois, et nous serions morts en Espagne, Chopin et moi, lui de mélancolie et de dégoût, moi de colère et d’indignation. »

Bien que le voyage à Majorque eût dû être une évasion thérapeutique, il s’est soldé par une déception et une aggravation de l’état de santé de Chopin. Cependant, le rendement artistique de ce séjour fut extraordinaire : Majorque restera à jamais le lieu où naquirent certaines des plus belles œuvres du compositeur.

L’héritage de Chopin à Majorque

Le lieu le plus important lié à Chopin à Majorque est sans aucun doute Valldemossa , une petite ville pittoresque située dans les montagnes de la Serra de Tramuntana , à environ 20 kilomètres au nord-ouest de Palma. Aujourd’hui, plus de 180 ans après ce voyage, Majorque – et Valldemossa en particulier – est un lieu de pèlerinage pour les amateurs de la musique de Chopin.

L'ancien monastère des Chartreux abrite un musée consacré au compositeur , où l'on peut voir ses lettres, ses manuscrits ainsi que le piano sur lequel il travaillait pendant son séjour. De plus, dans la cour du monastère , un monument dédié à Frédéric Chopin, œuvre de la sculptrice polonaise Zofia Wolska, a été inauguré en 1998 . À Palma, on trouve quant à elle une plaque commémorative moderne rendant hommage à la présence de Chopin.

Pomnik Fryderyka Chopina, 1998, Valldemossa, dawny klasztor kartuzów Real Cartuja de Jesus de Nazaret
Monument à Frédéric Chopin

Le monastère abrite un musée, voire deux musées consacrés à Chopin . L’un d’entre eux (occupant les cellules n° 2 et 3) abrite une magnifique collection de souvenirs de Chopin. C’est à Bartomeu Ferrà et à son épouse Anne-Marie Boutroux que l’on doit sa création . Ce sont eux qui, en 1916, ont acheté la cellule, aujourd’hui numérotée 2, dans laquelle Chopin et Sand auraient dû vivre – ce qui a toutefois été remis en question et a contribué à la création d’un deuxième musée dans la cellule numéro 4.

Cela w klasztorze Kartuzów w Valdemossie na Majorce, w której mieszkał Fryderyk Chopin
La cellule n° 4

Les collections rassemblées ne constituent pas seulement des traces du séjour du couple d'artistes sur l'île, mais surtout le résultat d'une collection enrichie pendant près de 30 ans. La collection comprend notamment des autographes musicaux, des objets personnels tels qu’un peigne, un gilet, une commode, un coffret offert par le compositeur à George Sand, une mèche de cheveux, ainsi que 159 éditions des œuvres de Chopin, sans oublier les portraits de Chopin mentionnés par Ewa Sławińska-Dahlig dans son article, d’après l’inventaire dressé par Bożena Schmid-Adamczyk au début des années 70 du XXe siècle (celui-ci recense au total 434 objets directement liés au compositeur polonais).

Cela w klasztorze Kartuzów w Valdemossie na Majorce, w której mieszkał Fryderyk Chopin
L'intérieur du Musée Chopin de Valldemossa

Portraits de Chopin au musée de Valldemossa

D'après Bożena Schmid-Adamczyk

  1. Louis Gallait
    1843
    Huile sur toile
    48,5 x 35,5 cm
    Signature : « Louis Gallait 1843 »
    Collection Gand Bishop
    Mis aux enchères à deux reprises, en 2019 et en 2024
  2. Auteur inconnu
    Fin du XIXe siècle
    Gouache sur ivoire
    6,5 x 5 cm
    Signature : « Böhringer »
    Collection privée
    Vendu aux enchères en 2019
  3. Luigi Calamatta
    Vers 1840
    Dessin au crayon
    29,2 cm × 28,4 cm
    N° d'inventaire I/12
  4. Albert Colfs
    1961
    Crayon, pastels
    24 cm × 18,3 cm (dans un passe-partout)
    Signature : « A. Colfs d’après A. Graefle »
    N° d’inventaire I/24
    Au dos du cadre, dédicace à Anne-Marie Boutroux de Ferrà
  5. Teofil Kwiatkowski
    1849
    Plume, sépia, encre, crayon
    27,8 cm × 22 cm
    Cote : portant une annotation de 1851 et une dédicace « à Madame Dulong »
    N° d'inventaire I/4
  6. Teofil Kwiatkowski
    « Chopin sur son lit de mort »
    1849
    Crayon
    11,1 cm × 15 cm (dessin seul), 27,8 cm × 32,3 cm (passe-partout)
    Cote : « Chopin sur son lit de mort / pour M. Pleyel, ami de Chopin »
    N° d'inventaire I/10
  7. Jean-Joseph-Bonaventure Laurens
    « Chopin jouant du piano »
    Crayon
    8,8 cm x 7,3 cm (croquis seul), 11,5 cm x 18,1 cm (ensemble)
    N° d’inventaire I/8
    Copie d’un dessin de January Suchodolski datant d’environ 1844, feuille tirée de l’album de l’artiste
  8. Ary Scheffer [?]
    Vers 1847
    Huile sur toile
    70,3 cm x 54,2 cm
    N° d'inventaire I/9
  9. Pierre Roche, vigneron
    1833
    Lithographie
    19 cm x 26 cm
    N° d'inventaire Im/84
    Lithographie tirée de l’« Album des pianistes » publié par M. Schlesinger, réalisée dans l’atelier de Gottfried Engelmann.
  10. Auteur inconnu
    années 1840
    Huile sur toile
    48,5 cm × 37,8 cm
    N° d'inventaire I/13

Problèmes liés au piano et controverses ultérieures

L’un des principaux problèmes logistiques rencontrés par Chopin lors de son séjour à Majorque fut l’absence d’un piano adapté . À cette fin, Chopin acheta un nouvel instrument chez Pleyel, fabriqué en septembre 1938 et qui devait être livré à Majorque dès le mois d'octobre. Cependant, la livraison a pris un retard considérable , puis l’instrument s’est retrouvé bloqué à la douane ; son importation a nécessité de longues négociations et entraînait des droits de douane élevés.

Comme l’écrivait Sand dans une de ses lettres datée du 14 décembre :

Son piano lui manque beaucoup. Aujourd’hui, nous avons enfin reçu des nouvelles à son sujet. Il a quitté Marseille et nous le recevrons, peut-être dans deux semaines.

Il est arrivé à Marseille le 20 décembre, mais le montant des droits de douane s’élevait à pas moins de 600 francs (alors que le prix de l’instrument était de 1 200 francs). Finalement, on a réussi à les réduire à 300 francs et l’instrument est arrivé au couvent au cours de la première semaine de janvier.

En fin de compte, l’instrument n’est probablement parvenu à Chopin que le 21 décembre ou début janvier ( différentes versions circulent), alors que Chopin travaillait déjà intensément sur un piano local, de qualité moindre.

Dès le XXe siècle , cependant , des incertitudes sont apparues quant à la cellule que le couple occupait réellement, ainsi que quant à l’instrument sur lequel Chopin aurait dû jouer parmi ceux qui s’y trouvaient . Cela a fait l’objet de nombreuses années de controverse, voire d’une bataille judiciaire.

On a tenté pour la première fois de trancher cette question en 1935, lorsqu’une commission gouvernementale spéciale a été créée ; celle-ci a conclu que, selon toute vraisemblance (la majorité de ses membres s’étant ralliée à cette version), il s’agissait de la cellule numéro 3. Il s’est toutefois avéré qu’il n’était pas tout à fait clair quelle pièce portait cette désignation.

Le problème réside dans le fait que la première cellule, occupée par l’abbé, n’a pas de numéro . Ainsi, selon l’une des versions, l’actuelle cellule n° 2 était à l’origine la cellule n° 1 , la cellule n° 3 (qui appartient également au musée) la cellule n° 2, et la cellule n° 4 – qui appartient à un autre propriétaire – la cellule n° 3 (et c’est donc là que Chopin aurait alors résidé). La deuxième version suppose quant à elle qu’il n’y a jamais eu de changement de numérotation .

Le problème réside dans le fait qu’il y a deux pianos dans le monastère – dans la cellule actuelle portant le numéro 2 et dans la cellule numéro 4, qui appartiennent à des propriétaires différents. La controverse porte donc sur la question de savoir dans laquelle de ces cellules Chopin a réellement séjourné et sur lequel de ces instruments il a composé ses préludes.

Dans la cellule n° 4 se trouve un instrument fabriqué par la maison de Camille Pleyel. Et c’est là que surgissent les premiers doutes : certes, il est muni d’une plaque de la maison portant l’inscription « Médailles d’Or / 1827&1834 / Pianos […] Pleyel & Comp. du Roi / Paris » et le numéro 6668, ce qui correspond au numéro de l’instrument utilisé par le compositeur, mais selon Jean Jude, si l’instrument lui-même est authentique - il se peut que son placage ait été modifié, celui-ci étant en acajou veiné et non en acajou ordinaire comme l’indique le registre de la société – on ne peut exclure que ce soit par crainte des germes de la tuberculose.

En principe, cependant , il ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de l’instrument que Chopin a commandé et qu’il a dû attendre si longtemps. La question se pose toutefois de savoir si , compte tenu de sa livraison si tardive, c’est bien sur cet instrument que la plupart de ses compositions ont été créées . La situation est compliquée par le fait que le deuxième piano (celui de la cellule n° 2 actuelle) serait, selon ses propriétaires, celui sur lequel Chopin a joué au début de son séjour. Les analyses visant à établir son authenticité ont montré que sa conception ne permet pas de le dater d’avant le milieu du XIXe siècle.

C’est ce que confirme un jugement rendu en 2011, selon lequel le piano se trouvant au musée (c’est-à-dire la cellule n° 2) n’est pas l’instrument sur lequel Chopin a joué . Il n’y a été installé qu’en 1931. D’après les conclusions de Zbigniew Skowron, nous disposons d’informations fiables sur le sort de ce premier piano, qui était loué. Il est bien sûr resté sur l’île et c’est là, dans une cellule du monastère, que la pianiste Wanda Landowska l’a découvert en 1912 ; après quelque temps, elle a réussi à acquérir l’instrument.

Elle l’a présenté en 1937 lors d’une exposition à la Bibliothèque polonaise de Paris. On ignore toutefois ce qu’il est advenu de cet instrument par la suite — il a sans doute été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. L’authenticité de cet instrument repose d’ailleurs exclusivement sur la tradition orale.

Les préludes de Chopin – l’empreinte musicale de Majorque

L’un des fruits artistiques les plus importants du séjour de Chopin à Majorque est le cycle des préludes , dont beaucoup ont été composés à Valldemossa — notamment : la Polonaise en do mineur (op. 40.2), la Ballade majorquine (Ballade en fa majeur, op. 38) et la Polonaise militaire (op. 40.1) . Ces œuvres, empreintes de mélancolie et d’émotions profondes, reflètent l’atmosphère de solitude, d’isolement et de souffrance que Chopin a vécue pendant cet hiver difficile sur l’île. Le plus célèbre de ce cycle, le Prélude « sous la pluie » (ré bémol majeur) , est souvent associé au bruit de la pluie tombant sur le toit du monastère, ce qui aurait inspiré le compositeur.

L’œuvre de Chopin de cette période reflète ses tourments intérieurs, et Majorque elle-même – tant par ses paysages que par ses conditions climatiques – est devenue pour le compositeur une source d’inspiration, malgré de nombreuses épreuves.

Hommage au génie de la musique : le monument dédié à Frédéric Chopin à Valldemossa

L’idée d’ériger un monument à Chopin à Valldemossa est née de l’intérêt croissant porté au compositeur et à son lien avec Majorque. En 1998 , afin de rendre hommage au compositeur, à Valldemossa, dans la cour de l’ancien monastère des Chartreux, a été dévoilé un monument dédié à Frédéric Chopin, conçu par la sculptrice polonaise Zofia Wolska .

Le monument, en bronze , se trouve dans la cour de l’ancien monastère . Il s’agit d’un buste de Frédéric Chopin posé sur un socle en pierre. Sur la plaque apposée sur le monument figure une inscription bilingue en polonais : « Frédéric Chopin, compositeur polonais. Il a séjourné ici de 1838 à 1839. Sculpture réalisée par Zofia Wolska. Don de la Pologne, 1998 » et en espagnol : « Frédéric Chopin, compositeur polonais. Il a vécu sur cette île de 1838 à 1839. Sculpture réalisée par Zofia Wolska. Don de la Pologne, 1998 ».

Dans sa sculpture, Zofia Wolska s’est concentrée sur l’aspect émotionnel de la vie et de l’œuvre du compositeur, en évitant la forme classique et pathétique. Le buste dégage une impression de calme et de recueillement . Le visage de Chopin est représenté de manière réaliste . Bien qu’ il soit réalisé dans un matériau dur et brut qu’est le bronze, il dégage une subtilité et une sérénité qui reflètent la nature introspective de Chopin. Les yeux fermés du personnage semblent suggérer que l’artiste ne regarde pas le monde extérieur, mais qu’il plonge au plus profond de lui-même, dans cet espace créatif où naissent ses visions musicales.

Les traits délicats du visage de Chopin, avec son front légèrement incliné et ses paupières closes, expriment non seulement une profonde réflexion, mais aussi une certaine nostalgie — celle-là même que l’on perçoit dans ses nocturnes ou ses préludes. Sa silhouette élancée, capturée dans cette sculpture, rappelle également la fragilité de la vie du compositeur, qui a été en proie à la maladie dès son plus jeune âge, ce qui a influencé son œuvre. Il semble que, à travers cette sculpture, Wolska ait cherché à saisir cette fragilité, tout en mettant en évidence la force d’esprit inébranlable de l’artiste.

Le contour de ses longs cheveux tombants encadre délicatement son visage, conférant à la composition à la fois de la délicatesse et une grande force expressive. La forme simple mais évocatrice de la sculpture souligne l’émotivité et la sensibilité intérieures du compositeur, qui a transposé ces traits de caractère dans ses œuvres musicales. L’ensemble repose sur un socle en pierre brute et massif, ce qui confère à l’ensemble une certaine austérité, contrastant avec l’expression douce du visage de l’artiste.

En créant ce buste, Zofia Wolska a rendu hommage à cette émotion complexe du compositeur, en insufflant à son œuvre une sérénité qui semble être une métaphore du silence précédant la création musicale, ce bref instant où l’artiste se replie sur lui-même avant que la lumière de la création n’explose vers l’extérieur.

Le monument comporte également une inscription , elle aussi gravée sur une plaque en bronze, commémorant l’inauguration solennelle de la sculpture de Frédéric Chopin le 21 septembre 1998, réalisée par l’épouse du président polonais, Jolanta Kwaśniewska, ainsi que la reine d’Espagne, Sophie. À cette époque, Joan Muntaner Marroig était maire de Valldemossa.

En espagnol : « ESCULTURA INAUGURADA EL 21 DE SEPTIEMBRE DE 1998 POR LA ESPOSA DEL PRESIDENTE DE POLONIA DOÑA JOLANTA KWAŚNIEWSKA Y POR S.M. LA REINE DOÑA SOFIA, SOUS LE MANDAT DU MAIRE DE VALLDEMOSSA, DON JOAN MUNTANER MARROIG. »

En polonais : « SCULPTURE DÉVOILÉE LE 21 SEPTEMBRE 1998 PAR L'ÉPOUSE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE POLOGNE, JOLANTA KWAŚNIEWSKA, ET PAR S.K.M., LA REINE ZOFIA, LORSQUE JOAN MUNTANER MARROIG ÉTAIT MAIRE DE VALLDEMOSSA »

La sculpture fait partie du cycle consacré à Chopin par l’artiste (à l’aéroport Okęcie de Varsovie, devant l’entrée principale du Stadtmuseum de Düsseldorf ou devant le manoir de Żelazowa Wola).

Concerts internationaux consacrés à Chopin à Valldemossa

Le monastère de Valldemossa est également le lieu où se tiennent depuis 1930 (avec une interruption entre 1936 et 1965) les Concerts internationaux Chopin – le plus ancien festival consacré à Chopin, qui attire aussi bien des pianistes de renom que des mélomanes du monde entier. Ces concerts, organisés pendant les mois d’été, constituent non seulement un hommage à la musique de Chopin, mais aussi une occasion unique d’écouter ses œuvres dans le lieu même où elles ont été composées.

La tradition des concerts chopiniens à Majorque remonte à plus de 80 ans . On y interprète principalement des préludes et d’autres œuvres composées par Chopin, et l’atmosphère des concerts est rehaussée par le cadre historique du monastère et son magnifique jardin.

Culture et tourisme – Chopin à Majorque aujourd’hui

Grâce à la présence de Chopin et à ses liens avec Majorque, l’île est devenue un lieu important sur la carte du patrimoine musical européen . Valldemossa attire non seulement les mélomanes, mais aussi les touristes intéressés par l’histoire et la culture. En se promenant dans les ruelles étroites de la petite ville, on peut presque ressentir l’atmosphère de cette époque où Chopin et Sand y cherchaient le repos et l’inspiration.

Outre le couvent, les touristes peuvent découvrir de nombreux cafés, restaurants et boutiques de souvenirs qui font référence au lien entre Valldemossa et Chopin . On peut également découvrir des initiatives culturelles locales qui mettent en avant la vie et l'œuvre du compositeur, ainsi que Majorque en tant que lieu d'inspiration créative.

George Sand et « L’Hiver à Majorque »

Le séjour à Majorque a donné naissance non seulement à la musique de Chopin, mais aussi à la littérature de George Sand . De retour en France, l'écrivaine a publié le livre « Un hiver à Majorque », paru en 1842, qui est devenu son récit subjectif de son séjour sur l'île. Dans cet ouvrage, Sand décrit non seulement la beauté de la nature, mais aussi les difficultés rencontrées pendant leur séjour, notamment le temps pluvieux, la froideur du monastère et l’hostilité des habitants locaux envers Chopin, qui souffrait de tuberculose.

L’ouvrage de Sand, bien que truffé de critiques à l’égard de Majorque et de ses habitants, constitue un précieux document historique , permettant de mieux comprendre le contexte de cette époque. « L’hiver à Majorque » est encore lu et analysé aujourd’hui, tant par les amateurs de littérature que par ceux qui souhaitent découvrir l’histoire de la relation entre Chopin et Sand. C’est d’ailleurs lors de ce séjour à Majorque qu’elle écrivit son roman « Spiridion » .

Time of construction:

1998

Bibliography:

  • Lech Filip, „Patografia Chopina: tropem plwocin i serca”, portal Culture.pl
  • Patkowski Maciej, „Chopin i Majorka”, 2022
  • Sand George, „Zima na Majorce”, Pelplin 2006
  • „Dziedzictwo Fryderyka Chopina. Kolekcja Boutroux-Ferrà w Valldemossie” w: „Poza Krajem”, red. Bożena Schmid-Adamczyk, Warszawa 2015
  • Skowron Zbigniew, „Majorańskie pianina Fryderyka Chopina”, w: „Korespondencja Fryderyka Chopina 1838-1839”, tom 2, część 2, red. Zofia Helman, Zbigniew Skowron, Hanna Wróblewska-Straus, Warszawa
  • Sławińska-Dahlig Ewa, „Chopiniana w Valldemossie na Majorce (Klasztor Kartuzów, Cela 2)”
  • Sowa Agnieszka, „Na Majorce kłócą się o Chopina”, „Polityka” wrzesień 2010

Supplementary bibliography:

  1. Lech F, "Chopin's pathography : a trail of spit and heart", Culture.co.uk.
  2. Patkowski M, "Chopin et Majorque" 2022, consulté en ligne.
  3. Sand G, "Winter in Majorca", traduit par Magdalena Zorga-Krzychowicz. Pelplin : Bernardinum Publishing House, 2006.
  4. Schmid-Adamczyk B. (ed.), "Frederic Chopin's Legacy. The Boutroux-Ferrà Collection in Valldemossa", série "Out of the Country", Varsovie : Ministère de la culture et du patrimoine national, 2015.
  5. Skowron Z, "Fryderyk Chopin's Major pianos", in : "Correspondance de Fryderyk Chopin 1838-1839", volume 2, partie 2, éd. Zofia Helman, Zbigniew Skowron, Hanna Wróblewska-Straus, Varsovie.
  6. Sławińska-Dahlig E., "Chopiniana in Valldemossa, Majorca (Carthusian Monastery, Cell 2)", accès en ligne.
  7. Sowa A., "On Majorca they argue about Chopin", "Polityka", septembre 2010, consulté en ligne : https://www.polityka.pl/tygodnikpolityka/swiat/1508606,1,na-majorce-kloca-sie-o-chopina.

Publication:

13.08.2023

Last updated:

09.08.2026

Author:

Bartłomiej Gutowski
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Buste en bronze de Frédéric Chopin, posé sur un socle en pierre orné de plaques commémoratives, situé dans la cour de l'ancien monastère des Chartreux de Valldemossa, à Majorque. À l'arrière-plan, des arbres et un mur de pierre. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Arkadiusz Nazarko, 2023
Buste en bronze de Frédéric Chopin posé sur un socle en pierre à Valldemossa, à Majorque. Sur le socle, deux plaques portant des inscriptions en polonais et en espagnol. Le jardin environnant est agrémenté de verdure et de fleurs. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Krzysztof Stanowski, 2022
Buste en bronze de Frédéric Chopin, posé sur un socle en pierre orné de plaques, situé dans la cour de l'ancien monastère des Chartreux de Valldemossa, à Majorque. À l'arrière-plan, des arbres et un mur de pierre. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
Monument dédié à Frédéric Chopin, 1998, Valldemossa, ancien monastère des Chartreux « Real Cartuja de Jesús de Nazaret », photo Arkadiusz Nazarko, 2023
Photographie en noir et blanc d'un bâtiment situé à Valldemossa, à Majorque, lié à Chopin. Le bâtiment comporte plusieurs étages, des fenêtres cintrées et un balcon orné de plantes. Au premier plan, on aperçoit un terrain rocheux. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
La villa Son Vent à Establiments : le lieu de séjour de Frédéric Chopin à Majorque, Domaine public
Photographie d'un couloir voûté dans l'ancien monastère de Valldemossa, avec les inscriptions « CELDA N 4 » et « CELDA CHOPIN » au-dessus de l'entrée. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
La cellule du monastère des Chartreux de Valdemossa, à Majorque, où vécut Frédéric Chopin, photo Sylwia Mika, 2026
L'intérieur du musée Chopin de Valldemossa, avec sa voûte blanche, ses portraits encadrés, ses vitrines, son mobilier sombre et ses portes ouvertes donnant sur une petite cour. Photo montrant Éléments de la culture polonaise liés à Chopin à Majorque Galerie de l\'objet +5
La cellule du monastère des Chartreux de Valdemossa, à Majorque, où vécut Frédéric Chopin, photo Sylwia Mika, 2026

Projets connexes

1
  • Popiersie Fryderyka Chopina z brązu na kamiennym cokole z tablicami, znajdujące się na dziedzińcu dawnego klasztoru kartuzów w Valldemossie na Majorce. W tle drzewa i kamienny mur.
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