La pierre tombale de Maciej Wodziński dans l'ancien cimetière catholique de Dresde, tous droits réservés
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L'ancien cimetière catholique de Dresde

L'ancien cimetière catholique de Dresde

Variants of the name:

Alte Katholischer Friedhof

L'ancien cimetière catholique, où reposent de nombreuses personnalités célèbres, compte parmi les sites culturels les plus importants de Dresde. Cette nécropole reste l’un des plus anciens lieux de sépulture encore existants aujourd’hui. L’histoire du cimetière commence… par un mariage. En août 1719, le prince de Saxe, futur Frédéric-Auguste II, épousa la princesse autrichienne Marie-Josèphe. Les festivités, organisées avec une pompe somptueuse, se déroulèrent pendant plusieurs jours au majestueux palais de Dresde. Cependant, dès l’acte de mariage/contrat de mariage du 10 avril 1719, on avait déjà pensé à d’autres aspects de la vie. Il fut stipulé par écrit que, dans la Saxe évangélique-luthérienne, les membres catholiques de la famille de la cour issus de la famille de la princesse se verraient garantir un lieu de sépulture spécial. Le prince-électeur Frédéric-Auguste Ier accorda, le 20 octobre 1720 à Varsovie, en tant qu’Auguste II (roi de Pologne), l’autorisation de créer un tel lieu. Cependant, ce n’est que le 25 octobre 1723 qu’un arrêté d’application fut promulgué. Cet arrêté, assez détaillé, stipulait :

que le conseil municipal de Dresde soit informé avec précision du nom, de l’âge, de la fonction officielle et de la cause du décès du défunt, ainsi que de la date de l’inhumation.

ainsi que :

Le défunt doit être inhumé dans le silence le plus absolu, sans cortège ni procession ; deux calèches au maximum peuvent accompagner le cortège funèbre, et les funérailles doivent se dérouler à portes closes.

Le 8 novembre 1723, une autre déclaration royale fut publiée, concernant le décret d'application. Elle autorisait également les courtisans catholiques du roi et des héritiers du trône à bénéficier de cet honneur (celui d’être inhumé ici). Il fallut encore plusieurs mois avant que le cimetière ne soit achevé et mis en service. Le premier à y être inhumé fut l’acteur italien Philipp Molteno (le 16 février 1724). La même année, 27 autres funérailles y eurent lieu. Pour les défunts catholiques n’appartenant pas à la cour, les portes du cimetière restaient fermées.

Après la mort d’Auguste le Fort en 1733, son fils, le prince-électeur de Saxe Frédéric-Auguste II et roi de Pologne Auguste III, grâce à l’intervention de son épouse Marie-Josèphe, accorda aux catholiques davantage de droits et de libertés que son père. Il « ouvrit » le cimetière à tous les catholiques par un décret royal spécial du 9 septembre 1738. Le cimetière fut agrandi en 1740 et en 1842, mais il n’était plus possible de l’étendre davantage. En 1874, le Nouveau cimetière catholique a été créé, à environ 1 kilomètre de là, près de la Bremer Strasse.

De 1697 à 1763, période durant laquelle les princes-électeurs de Saxe étaient également rois de Pologne, de nombreux Polonais vivaient et séjournaient à la cour de Saxe. À l’époque d’Auguste II le Fort, environ 20 % des fonctionnaires de Dresde étaient polonais. Les vagues successives d’afflux de population polonaise furent liées à l’émigration qui suivit les soulèvements de libération manqués : l’insurrection de novembre et l’insurrection de janvier. Au cimetière Alte Katholischer Friedhof, on peut trouver les tombes de plus de 50 personnes d'origine polonaise.

Outre les Polonais, cette nécropole abrite les dépouilles de membres de familles nobles de Dresde, mais aussi d’artistes qui ont façonné le paysage multiculturel de la Saxe, parmi lesquels il convient de citer : Balthasar Permoser (1651-1732), Giovanni Battista Casanova (1728-1795), Franz Gerhard von Kugelgen (1772-1820) et Ermenegildo Antonio Donadini (1847-1936).

Maciej Wodziński ( né le 23 février 1782 à Gołębiowo près de Kutno, décédé le 16 juillet 1848 à Dresde) – du blason de Jastrzębiec, sénateur-châtelain et sénateur-voïvode du Royaume de Pologne, participant aux campagnes napoléoniennes. Après l’échec de l’insurrection de novembre, il vécut à Dresde à partir de 1831. Sa nièce était la peintre Maria Wodzińska, qui fit la connaissance de Frédéric Chopin à Dresde en 1835 (le « poète du piano » lui fit sa demande en mariage un an plus tard). Finalement, la famille de Wodzińska refusa le mariage, en raison de la santé déclinante du musicien. Chopin composa pour sa future épouse une valse en la bémol majeur, baptisée plus tard « d’adieu » (la valse « Les adieux »). Wodzińska, quant à elle, a peint un portrait considéré comme l’un des plus fidèles du musicien (aquarelle, 1836, Musée national de Varsovie). La rencontre entre ces deux-là a probablement eu lieu « grâce » à la visite de Maria et de sa famille (après un long séjour à Genève) chez son oncle Maciej Wodziński, qui résidait alors à Dresde

Données techniques : monument – granit ; bas-relief et plaque en métal (problème d’identification de l’alliage) ; hauteur : environ 230 cm

Time of construction:

après 1850

Supplementary bibliography:

G. Schlechte, Le vieux cimetière catholique de la Friedrichstadt à Dresde, Dresde 2004 ; K. Kotula, Maria Orpiszewska, née Wodzińska (1819-1896). Vie et œuvre, Włocławek 2010 ; W. Nicht, Les Polonais dans l'histoire de Dresde, Dresde 2014

Publication:

12.10.2023

Last updated:

11.04.2026

Author:

Marcin Goch
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La pierre tombale de Maciej Wodziński au vieux cimetière catholique de Dresde
La pierre tombale de Maciej Wodziński dans l'ancien cimetière catholique de Dresde, tous droits réservés

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