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Photo montrant La communauté polonaise de Montevideo
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La communauté polonaise de Montevideo

La communauté polonaise de Montevideo

Article consacré à la colonie polonaise de Montevideo. Il retrace l'histoire de la colonisation polonaise dans cette ville, aborde la question des bâtiments et évoque l'effectif de la colonie (Source : « Wieści z Polski », Varsovie 1934, vol. 8, n° 2, p. 21-22, d'après : Bibliothèque numérique de l'Université Jagellonne).

Une lecture actualisée du texte

Les Polonais à l'étranger. La vie de la colonie polonaise à Montevideo.

La colonie polonaise de Montevideo est à la fois ancienne et assez nombreuse. Les premiers Polonais étaient des émigrés de l’insurrection de 1863, menés par le père de l’ancien consul de la République de Pologne, M. Łukasiewicz. Parmi tous ces pionniers qui ont dignement représenté le nom de la Pologne sur ce sol, il convient de citer Borgya Skotnicki, inspecteur technique au ministère de l’Éducation, Powala Czystkowski, célèbre chimiste, et enfin le Dr Jurkowski, médecin et organisateur de renom, connu même au Brésil et en Argentine.

Actuellement, on pourrait estimer la colonie polonaise en Uruguay à plus de 20 000 personnes. Toutefois, en répartissant ce chiffre entre les différentes minorités nationales, on compte plus de 15 000 Juifs, quelques milliers aux Ruthènes et aux Ukrainiens, et enfin, les citoyens polonais qui se sentent Polonais de tout leur cœur et de toute leur âme sont au nombre de 3 000 dans tout l’Uruguay, dont les deux tiers résident à Montevideo même. La majorité d’entre eux sont des hommes célibataires, venus ici jusqu’à présent pour gagner leur vie. Les familles sont relativement peu nombreuses. La crise actuelle et le manque de Polonaises appropriées ne favorisent pas, pour l’instant, la création de nouveaux foyers.

Les conditions de travail sont assez difficiles : d’une part, en raison d’un ralentissement général de l’activité économique, et d’autre part, parce que les postes de direction sont pour la plupart occupés par des ingénieurs allemands – protestants –, ennemis de longue date des peuples slaves, et des Polonais en particulier. Malgré les difficultés matérielles, la colonie polonaise se développe de plus en plus favorablement et laisse entrevoir de bons espoirs pour l’avenir. Il y a déjà un nombre assez important de personnes qui, grâce à leurs efforts, ont réussi à se constituer un toit. Outre la garantie de leur subsistance matérielle, nos émigrés n’ont pas non plus oublié le patrimoine culturel.

Dès le début, on s’est efforcé de créer une association polonaise ; au fil des ans, il y en a eu plusieurs : « Jedność », « Association Kościuszko », « Cercle polonais ». Toutes ont cependant peu à peu disparu, non pas tant par manque de bonne volonté de la part de leurs membres que par manque d’une direction adéquate. C’est aujourd’hui l’association la plus ancienne de Montevideo, l’Association J. Piłsudski, qui a repris le flambeau de ses prédécesseurs. À ses côtés se trouve l’Association Ign. Paderewski, certes plus récente, mais plus nombreuse en termes d’adhérents. L’année 1932/33 a marqué un tournant pour la communauté polonaise. De nombreuses raisons ont contribué à cela.

La plus importante d’entre elles fut toutefois l’arrivée de prêtres polonais, envoyés par le cardinal-primate Hlond, principal protecteur de la diaspora. À partir de ce moment, la vie de la colonie prit un tout autre cours. L’Église polonaise devient un foyer d’où rayonne une nouvelle vie, d’où jaillissent de nouvelles idées et de nouveaux projets. On commença à réfléchir à une réorganisation et à un renouveau spirituel. Le premier signe visible de cette renaissance fut l’organisation, grâce à des efforts communs, des célébrations de novembre, sous le patronage de M. le consul Łukasiewicz. L’ensemble fut impressionnant.

Les festivités de la journée ont débuté par l’« Heure polonaise » diffusée sur la radio nationale. Pour la première fois en Uruguay, la musique, les chants et la langue polonais ont résonné sur les ondes. Ce fut un véritable plaisir d’écouter le consul évoquer le développement sans précédent de notre patrie depuis sa création, ainsi que son importance en tant que rempart de la chrétienté et de la culture. Ce discours revêtait d’autant plus d’importance qu’il a été prononcé en espagnol et qu’il était donc compréhensible pour les autochtones. Pour nous, compatriotes, la lecture par le père professeur Chudziński, qui, avec brio et la vivacité qui lui est propre, a brossé un tableau de la naissance et de l’état actuel de notre patrie, avant de conclure par un salut chaleureux de la part de la Mère Patrie à tous ceux qui, dispersés dans un lointain pays étranger, sont pris de nostalgie.

Le point d’orgue de la journée fut la première messe polonaise célébrée dans l’église Notre-Dame-de-Lourdes, qui est depuis lors devenue le lieu de culte des Polonais. Le rédacteur en chef de l’Echo d’Amérique, Lech Szuman – qui est également secrétaire du consulat –, écrit à propos de cette messe : « Depuis l’arrivée du père Posadzy, nous avons à nouveau la chance d’entendre la langue polonaise et les chants polonais dans la Maison de Dieu. Désormais, les étrangers devraient nous regarder d’un autre œil. Jusqu’à présent, on peut dire qu’on nous considérait en silence, nous les Polonais, comme des Turcs ou, à tout le moins, comme des hérétiques, qui n’ont même pas leurs propres prêtres. Désormais, toute la ville doit savoir que nous sommes les descendants d’une nation célèbre, qui a sa propre foi et qui, par son héroïsme, a mérité le titre de chevaliers de la première ligne de la chrétienté.

Le père Zaraza a prononcé un sermon solennel, faisant référence aux paroles du poète national : « Être Polonais, c’est vivre divinement » ; il a encouragé à une renaissance spirituelle et à une résurrection, afin que notre résurrection soit totale, tant sur le plan politique que moral. Le chant « Ô Dieu tout-puissant, toi qui protèges la Pologne » a clôturé l’office. De toute leur poitrine, avec une force immense, ils ne chantaient plus, mais criaient carrément, gémissaient, au point que les lumières tremblaient sous cette tempête chaleureuse de voix, implorant le Seigneur des seigneurs de leur accorder son aide et sa protection. Le tout a été complété par une cérémonie solennelle, au cours de laquelle le père Chudziński a de nouveau pris la parole sur le thème : « La Pologne, son développement et son avenir ».

Des récitations et un concert ont complété le reste du programme de cette journée solennelle, qui restera à jamais gravée dans la mémoire des participants. En reconnaissance de son travail d’organisation, le père Chudziński a été nommé membre d’honneur de la Société. » Voilà ce que rapportait le journal à propos de cette journée. Malheureusement, ce travail si bien engagé a été une source d’irritation pour certains. Comme d’habitude, il y a eu des gens qui ont commencé à semer la zizanie. La part du lion de tous les malentendus survenus au sein de la colonie polonaise de Montevideo revient au responsable du patronage, Mechlowicz, d’ailleurs bien connu pour ce genre d’affaires. Mais il n’a pas fait long feu ici. Dès la première visite du ministre Mazurkiewicz, il a dû faire ses valises et partir.

Entre-temps, les choses ont commencé à se remettre dans l’ordre. L’Association des amis du chant et de la musique « Ign. Paderewski » s’est fixé pour objectif, outre la promotion du chant et de la musique, de diffuser l’esprit polonais, notamment par le biais de représentations patriotiques. Aujourd’hui, après une année de travail, elle peut se prévaloir d’un bilan tout à fait honorable. Non seulement, chaque dimanche, leurs voix contribuent à embellir les offices religieux polonais, mais grâce à leurs efforts, chaque anniversaire est mis en valeur comme il se doit. Actuellement, l’association compte plus de 80 membres. Mais la deuxième association n’est pas restée en reste non plus.

Grâce à son président très actif, elle peut aujourd’hui se targuer de compter 40 membres et, surtout, d’avoir relancé la construction de sa propre maison, qui était au point mort. À l’occasion de l’anniversaire de ses activités, la bénédiction des fondations et l’inauguration d’une partie du bâtiment ont eu lieu. Ainsi, la colonie polonaise dispose désormais de son propre toit. Une seule question continue toutefois de nous préoccuper : qu’adviendra-t-il de la jeune génération ? Les enfants en âge scolaire sont de plus en plus nombreux. Malheureusement, dispersés aux quatre coins de cette vaste ville, il est difficile de les rassembler. La plupart des parents n’ont pas les moyens de payer quotidiennement les trajets en tramway.

L’absence d’école polonaise nous peine d’autant plus que presque toutes les autres nations possèdent de beaux bâtiments scolaires ; même les Lituaniens, ce petit pays si modeste, possèdent une belle école à deux classes, sans parler des Allemands, qui s’enorgueillissent d’un magnifique collège comptant 400 élèves, dont la moitié sont des Uruguayens, que l’on conditionne dès leur plus jeune âge à être hostiles à la Pologne et à ses alliés. On pourrait remédier, ne serait-ce qu’en partie, à cette lacune en envoyant un enseignant itinérant, comme le font d’autres minorités qui, à l’instar de la nôtre, sont dispersées.

Time of construction:

1934

Publication:

25.03.2026

Last updated:

02.07.2026
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Scan d'une page d'un magazine polonais portant le titre « Polacy Zagranica » (Les Polonais à l'étranger) et l'article « Z życia Kolonii polskiej w Montevideo » (De la vie de la colonie polonaise à Montevideo), ainsi que deux colonnes de texte Photo montrant La communauté polonaise de Montevideo Galerie de l\'objet +1
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Scan d'une page d'un magazine polonais comportant deux colonnes de texte sur la communauté polonaise de Montevideo, ainsi que les titres « Page 22 » et « N° 2 ». Photo montrant La communauté polonaise de Montevideo Galerie de l\'objet +1
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