La massue à l'Armémuseum de Stockholm

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La massue à l'Armémuseum de Stockholm

L'étude des objets ne permet pas toujours de retracer entièrement leur provenance. Dans certains cas, comme c'est par exemple le cas lors de l'analyse d'armes, des doutes subsisteront sans doute encore longtemps. Il convient également d’aborder avec une extrême prudence les objets dont on sait qu’ils ont été fabriqués en République de Pologne, mais dont on ne peut retracer le parcours au cours des époques ultérieures. L’un de ces objets est un sceptre conservé au Musée de l’Armée de Stockholm.

La période de la Grande Guerre du Nord (1700-1721) reste peu étudiée à bien des égards, notamment en ce qui concerne l’organisation des pillages ou l’établissement de listes précises des objets pillés. Cela s’explique par plusieurs raisons, liées notamment à la nature même de la guerre. L’un des objectifs des pillages menés pendant le « déluge » suédois était notamment la destruction des centres idéologiques sur les terres polonaises ; c’est pourquoi la récupération du butin de guerre était organisée de manière centralisée ; Les Suédois pillaient de manière planifiée et les objets de valeur ainsi acquis (par exemple, des œuvres d’art, des armes, des objets d’usage quotidien) étaient considérés avant tout comme un moyen d’enrichir la Suède, mais aussi comme une récompense pour les officiers et les soldats. Dans le cas de la Grande Guerre du Nord, mener des recherches dans ce domaine s’avère beaucoup plus difficile, car les officiers et les soldats s’emparaient d’objets non seulement au profit du Royaume, mais aussi – après avoir obtenu l’autorisation du roi de Suède, Charles XII — pour leurs propres besoins. Dans ce dernier cas, l’ampleur du phénomène semble être bien plus grande, comme en témoigne notamment la correspondance des officiers suédois. À titre d’exemple, le chef du Commissariat général de la guerre suédois, Magnus Stenbock, correspondait avec son épouse, Eva Oxenstierna, et lui rendait notamment compte de l’évolution des opérations militaires, tout en lui donnant des instructions concernant les butins de guerre qui lui étaient envoyés. Ce caractère privé d’une partie du butin signifie également qu’aucun inventaire des objets emportés à cette époque n’a été découvert à ce jour, à l’exception des registres des canons ou des armes, qui avaient été établis pour les besoins de l’administration nationale.

L’un des objets dont la provenance est incertaine est un mace faisant partie de la collection de l’Armémuseum de Stockholm (AM.091133). Elle a été fabriquée sur le territoire de la République des Deux Nations au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle a probablement été pillée pendant la Grande Guerre du Nord. La documentation relative à cet objet indique qu’il a été acheté par un particulier en 1946, puis cédé au musée en 1990. Les massues avaient une fonction militaire, mais elles soulignaient également la dignité de leur propriétaire, par exemple celle d’un hétman de la République des Deux Nations, d’où leur autre nom : « massue cérémonielle ». On en trouve divers exemples dans les collections polonaises, mais l’un des plus précieux est le sceptre du prince Władysław Zygmunt Waza, futur roi Władysław IV, qui est conservé dans la collection militaire du château royal de Wawel. Elles étaient toutefois également connues en dehors de la Pologne, principalement pour souligner le prestige de leurs propriétaires.

La massue conservée à l’Arsenal royal de Stockholm a été réalisée en bois et en laiton. Elle mesure 63 cm de long et 7,25 cm de diamètre, pour un poids de 594 g. Sa tête a la forme d’un oignon et est ornée de décorations. À l’endroit le plus large de la tête se trouvent trois éléments décoratifs représentant des motifs de feuilles et de fleurs. Entre celles-ci sont disposées trois plumes orientées verticalement. Les parties supérieure et inférieure du manche sont recouvertes de plaquettes de laiton présentant des motifs allongés, créant un effet de rayures. Dans la partie située entre la soie et la garde, ainsi que sur le pommeau, se trouve une bande verticale ornée de losanges et de cercles. La poignée est recouverte de velours rouge à poils courts, dont l'état de conservation est globalement bon, mais qui s'est légèrement rétréci, laissant apparaître un tissu plus épais en dessous.

Time of construction:

XVIIe/XVIIIe siècle

Bibliography:

  • Gutowski Jacek, Buławy i buzdygany w Polsce od XVI do XVIII w., Warszawa 2015

Publication:

06.12.2025

Last updated:

07.12.2025

Author of the documentation sheet:

Katarzyna Wagner
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