Bust restauré d'Aleksander Gierymski, cimetière de Campo Verano à Rome, Italie, photo Dorota Janiszewska-Jakubiak, tous droits réservés
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La pierre tombale d'Aleksander Gierymski, cimetière de Campo Verano à Rome, en Italie, photo Emiliana Konopka, 2025 r.
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L'entrée du cimetière de Campo Verano à Rome, en Italie, photo NikonZ7II, 2022 r.
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Le cimetière de Campo Verano à Rome

Le cimetière de Campo Verano à Rome

Le caveau des artistes polonais situé au Campo Verano à Rome a été conçu en 1903 par le sculpteur et médailliste Antoni Madeyski, pour servir de dernière demeure à Aleksander Gierymski. Au cours des années suivantes, d'autres personnalités y ont été inhumées : Wiktor Brodzki, sculpteur, ainsi qu'Antoni Madeyski et la sculptrice Jadwiga Bohdanowicz, décédée en 1943. 

Le cimetière de Campo Verano à Rome

Les registres du cimetière indiquent que le peintre Jan Styka reposait également dans la tombe des artistes polonais. En 1959, la dépouille de l’artiste a été transférée aux États-Unis, au cimetière de Glendale, près de Los Angeles, où elle repose aux côtés de celle de son fils, Tadeusz Styka, dans le « Quartier des Immortels ». Dans ce cimetière, baptisé Forest Lawn Memorial Park, est exposée depuis 1951 une fresque intitulée « Golgotha » (« The Crucifixion »), considérée comme le plus grand tableau à thème religieux au monde. Jan Styka a peint « Golgotha » en 1896, en collaboration avec Jan Stanisławski, Tadeusz Popiel et Zygmunt Rozwadowski, à l’initiative d’Ignacy Paderewski.

La mort d’Aleksander Gierymski

L’atelier romain d’Antoni Madeyski, situé via Flaminia, était le lieu de rencontre des Polonais : artistes, écrivains, militants politiques et partisans de l’indépendance. Parmi les amis du sculpteur figurait l’un des plus éminents peintres polonais du XIXe siècle, Aleksander Gierymski. L’artiste était pris en charge par son mécène et ami, l’industriel, savant et inventeur Bruno Abdank-Abakanowicz. Gierymski fut le témoin direct de sa mort soudaine en 1900. Cet événement aggrava l’état de santé déjà précaire du peintre.

Le 8 mars 1901, le correspondant à Rome de la « Gazeta Lwowska » écrivait : « Comme je l’ai déjà signalé par télégramme, le regretté Aleksander Gierymski, excellent peintre paysagiste et frère de Maksymilian Gierymski, est décédé ici à l’âge de 52 ans, après une brève maladie. L’artiste, qui souffrait depuis longtemps déjà d’une neurasthénie aiguë, était devenu un solitaire, évitait la société et manifestait même, envers ceux qui pouvaient l’approcher, les premiers signes d’une maladie mentale. C’est pourquoi, depuis trois ans, il cherchait à apaiser ses nerfs à vif dans le sud ; il passait ses hivers à Rome, où il possédait un atelier sur la via Margutta, auquel presque personne n’avait toutefois accès.

Son seul ami et protecteur était l’ingénieur électricien Bruno Abakanowicz, aujourd’hui décédé. C’est chez lui, à Saint-Maur près de Paris et sur l’île de Plumanach au large de la Bretagne, que Gierymski passait la majeure partie de l’année, à peindre et à se livrer à des promenades solitaires. À la mort de feu Abakanowicz, qui s’occupait de la vente de ses tableaux et lui fournissait des fonds, Gierymski ressentit douloureusement cette grande perte et devint encore plus morose. […] La fille de feu B. Abakanowicz n’a cessé de témoigner sa bienveillance à l’artiste, mais malgré cela, Gierymski a récemment sombré dans une crise nerveuse.

Quelques-uns de ses amis, de jeunes peintres, se sont occupés de lui ici et, grâce à leurs efforts, il a été admis dans un asile d’aliénés, à Zatybrze, où il a bénéficié des soins appropriés. Il semblait que la maladie allait s’éterniser ; or, Al. Gierymski est mort presque subitement, des suites d’une attaque de paralysie, seul, tout comme il avait vécu. Les Pères de la Résurrection se sont chargés des funérailles et du transport de la dépouille au cimetière de Campo Verano. L’un des jeunes sculpteurs, M. A. Madejski, a réalisé le masque mortuaire du défunt. La colonie artistique locale a assisté aux funérailles. » (« Gazeta Lwowska », n° 58, 12 mars 1901)

L’artiste, gravement malade, avait été pris en charge au cours des derniers mois de sa vie par Antoni Madeyski, dont il est question dans la correspondance. À la mort de Gierymski, Madeyski s’est assuré qu’il bénéficie d’une sépulture digne de lui.

Comme l’indique Maria Kwiatkowska dans le catalogue Groby Polskie na cmentarzach Rzymu (Varsovie, 1999), « les donateurs du monument dédié à Gierymski — dont le coût a été estimé à mille roubles — étaient : la Société pour l’encouragement des beaux-arts de Varsovie, qui a versé les deux tiers de la somme nécessaire, collectée grâce aux recettes d’une exposition posthume des œuvres du peintre, ainsi que Zofia Abakanowicz et Ignacy Milewski.

Obelisque en travertin blanc

La tombe des artistes polonais au Campo Verano (Altoripiano, carré 15) a été réalisée en travertin blanc sous la forme d’un obélisque surmonté d’une croix ; il est orné d’une composition sculpturale composée de feuilles et d’une lanterne, ainsi que d’un buste en bronze de Gierymski, œuvre d’Antoni Madeyski, placé dans une niche, et de deux plaques commémoratives en marbre. L’enceinte funéraire est revêtue de dalles posées au niveau du sol, formant un encadrement. À l’intérieur de celle-ci se trouve l’entrée de la crypte, recouverte d’une dalle profilée dépassant du niveau de l’encadrement et munie de deux poignées en bronze. Sur la dalle figure une inscription, gravée en creux en lettres majuscules romaines : POLSKICH / GRÓB ARTYSTÓW.

À la tête du tombeau se dresse un socle à deux marches de forme rectangulaire. Dans sa partie inférieure, à gauche, sur un rebord placé de manière asymétrique, se trouve une composition sculpturale en relief composée de branches de laurier, d’une palette et d’une lanterne ornée de têtes de lions. Cette composition empiète en partie sur le côté du socle, où figure la signature de l’auteur : ANT. MADEYSKI. Sur le côté droit est également fixée une plaque de marbre blanc portant l’inscription : ANTONI MADEYSKI / ART. SCULPTEUR / NÉ À FUSNA EN VOLHYNIE 1862 / DÉCÉDÉ À ROME EN 1939.

La partie supérieure du socle se rétrécit vers le haut et est surmontée d’une corniche massive en saillie, avec une croix de Malte sculptée à son sommet. Sur la corniche figurent les lettres PX en bas-relief sur fond de feuilles de palmier entrelacées. Dans la partie centrale du socle se trouve une niche semi-circulaire encadrée, abritant un buste en bronze d’Alexandre Gierymski. En dessous se trouve une plaque en marbre rose, se rétrécissant vers le haut, sur laquelle est gravée en profondeur, en lettres majuscules romaines, l’inscription principale du monument : ALEXANDER / GIERYMSKI / NÉ À VARSOVIE / 1850 / DÉCÉDÉ À ROME / 1901.

Le buste de Gierymski a été volé à la fin des années 1990. Heureusement, il a été possible d’établir que la sculpture originale, portant la signature : « Ant. Madeyski Rome 1902 », se trouve dans les collections du Musée national de Cracovie, sous le numéro d’inventaire MNK II-rz-193.

Sur cette base, les restaurateurs polonais ont pu réaliser une copie qui a ensuite été placée dans la niche de la pierre tombale. La réplique du buste de Gierymski a été réalisée en résine époxy.

Au cours des travaux de restauration de la pierre tombale, une plaque supplémentaire a été apposée en hommage à Wiktor Brodzki et à Jadwiga Bohdanowicz, portant les inscriptions suivantes : WIKTOR BRODZKI / SCULPTEUR / NÉ À OCHOTÓWKA EN 1817 / DÉCÉDÉ À ROME EN 1904 / JADWIGA BOHDANOWICZ / ARTISTE SCULPTRICE / NÉE À VARSOVIE EN 1887 / DÉCÉDÉE À ROME EN 1943.

Ainsi, ce précieux témoignage de la présence polonaise et de la vie artistique à Rome a retrouvé son état d’origine.

Travaux supplémentaires au Campo Verano

En 2013, la pierre tombale a fait l’objet de travaux de restauration, en 2014, grâce aux fonds du programme du ministère des Affaires étrangères « Coopération avec la diaspora polonaise et les Polonais à l’étranger » accordés à l’Association de la Tradition académique, trois autres pierres tombales polonaises ont fait l’objet de travaux de restauration : celles des artistes Henryk Cieszkowski et Aleksander Stankiewicz, du chanoine du Latran Ludwik Grabiński, ainsi que de l’insurgé, collectionneur et homme d’action sociale Onufry Antoni Józef Korzeniowski.

Les travaux ont été réalisés par la même équipe de restaurateurs qui, en 2014, avait restauré la Tombe des artistes polonais. Comme en 2013, les travaux de l’équipe ont été supervisés par le Dr Janusz Smaza.

Time of construction:

1903

Publication:

15.07.2024

Last updated:

03.09.2026

Author:

Dorota Janiszewska-Jakubiak
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Buste en bronze d'un homme barbu dans une niche, faisant partie de la Tombe des Artistes Polonais au cimetière de Campo Verano à Rome. Le buste se détache sur un fond de pierre texturée. Photo montrant Le cimetière de Campo Verano à Rome Galerie de l\'objet +2
Bust restauré d'Aleksander Gierymski, cimetière de Campo Verano à Rome, Italie, photo Dorota Janiszewska-Jakubiak, tous droits réservés
Buste en bronze d'Aleksander Gierymski dans une niche sur une pierre tombale en travertin blanc au cimetière de Campo Verano à Rome. Sous le buste, l'inscription « ALEXANDER GIERYMSKI » est gravée sur une plaque de marbre rose. Photo montrant Le cimetière de Campo Verano à Rome Galerie de l\'objet +2
La pierre tombale d'Aleksander Gierymski, cimetière de Campo Verano à Rome, en Italie, photo Emiliana Konopka, 2025 r.
Entrée du cimetière de Campo Verano à Rome, avec sa façade en briques rouges, ses trois portails en arc et ses statues. À l'arrière-plan, on aperçoit des arbres et un bâtiment jaune. Photo montrant Le cimetière de Campo Verano à Rome Galerie de l\'objet +2
L'entrée du cimetière de Campo Verano à Rome, en Italie, photo NikonZ7II, 2022 r.

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